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USA - El Bosque del Apache

 

Je vous invite aux Etats-Unis afin de découvrir un lieu de migration hivernal pour les oiseaux du grand nord du continent américain. Il s’agit du Bosque del Apache qui signifie, en Espagnol, « le bois des apaches », ainsi dénommé par les Espagnols ayant observé à de nombreuses reprises des campements Apaches sur les bords boisés de la rivière qui coule à cet endroit, le Rio Grande. Depuis lors, le nom est resté et est de venu synonyme d’un des refuges les plus intéressants d’Amérique du Nord.

Un peu d’histoire et d’archéologie tout d’abord. C’est sur ce site que l’on a retrouvé des traces de migrations de grues du Canada depuis environ 50.000 ans, mais également d’oies des neiges et aussi de différentes espèces de canards. Depuis lors, rien n’a changé : chaque automne, des dizaines de milliers d’oiseaux - grues du Canada, oies des neiges, canards, passereaux - descendent de leur lieu d’habitat nordique et viennent passer l’hiver, du mois de novembre au mois de mars au Bosque del Apache.

Et pourtant ce lieu de migration a bien failli disparaître. Quand à la fin du 19ème siècle, l’homme a voulu canaliser les débordements et les crues du Rio Grande en construisant des digues et en régulant son flux en amont, les zones marécageuses qui faisaient le bonheur et le refuge de ces milliers de migrateurs ont peu à peu commencé à s’assécher. Fort  heureusement, prenant conscience du danger que l’activité humaine faisait courir à la faune locale et migratoire, le lieu a été classé National Wildlife Refuge en 1939 par Roosevelt et des travaux importants ont été immédiatement entrepris afin de restaurer les zones marécageuses si propices à la halte migratoire de ces oiseaux.

Aujourd’hui le refuge est un véritable havre de paix, où les oiseaux trouvent non seulement le repos mais également une nourriture abondante, nourriture en grande partie apportée par l’homme au travers de culture de maïs, de plantes à graines, d’herbes grasses, etc.

Nous sommes à la fin du mois de novembre et malgré une situation très au sud des Etats-Unis (le refuge se situe à une centaine de kilomètres au sud d’Albuquerque, à moins de 20 km au sud de la ville de Soccoro), la température est basse au petit matin avant le lever du soleil et il ne faut pas craindre d’empiler les couches de vêtements - polaire légère Eric et veste Tajung avec sa doublure Softshell font un rempart idéal au froid, au vent et la pluie qui tombe en ce jour. Un pantalon doublé et une bonne paire de gants ont complété la panoplie nécessaire pour résister aux imtempéries. Il faut dire que nous sommes à une altitude de près de 1.400 m et que les observations les plus intéressantes du comportement des oiseaux se font juste avant le lever du soleil ou juste après son coucher.

 

La journée permet d’autres types d’observation : il est bien sur aisé de voir des grues du Canada se nourrissant dans les champs alentours ainsi que des oies des neige se rassasiant d’herbe, mais il est plus intéressant de partir à la recherche du Road Runner, le fameux Bip-Bip (créé par Chuck Jones en 1949) popularisé par les dessins animés de la série Looney Tunes, le mettant en scène avec un coyote (Vil Coyote) qui est toujours à inventer les pièges les plus délirants pour l’attraper. On peut également, avec un peu de chance, rencontrer ce fameux coyote ainsi que des cerfs mulets, sans compter les rapaces toujours visibles mais toujours à assez grande distance.

 

Un des moments les plus exaltants est le décollage des oies des neiges, lorsqu’elles quittent l’étang qui leur a servi de refuge durant la nuit, ou encore, sur un signal invisible de la prairie sur laquelle elles s'étaient posées pour se nourrir. Il y aura alors une sorte d’échange entre différents membres du groupe, puis une sorte d’appel et finalement le bruissement assourdissant des milliers de paires d’ailes (il peut y avoir jusqu’à 20.000 oiseaux sur un site – pour une population totale d’environ 90.000 sur la zone du Bosque del Apache) qui s’agitent en même temps pour un décollage groupé. Si, en plus, vous avez la chance d’observer cela dans une belle lumière : c’est tout simplement fabuleux.

Pour l’autre population la plus représentée ici (les grues du Canada), le moment le plus intense est peut-être lorsqu’elles arrivent le soir par petits groupes de 2 à 6-8 individus afin de se réfugier au milieu de l’eau et se protéger d’éventuels prédateurs comme le coyote par exemple. Eclairées par le soleil couchant ou se découpant en ombre chinoise sur un ciel turquoise, leurs appels incessants et leurs vols planés précédant leurs atterrissages sont un véritable régal pour les yeux.

Sincèrement, si un jour on vous impose de prendre des congés fin novembre, prenez votre billet d’avion pour Albuquerque, louez une voiture et venez passer quelques jours à El Bosque del Apache National Wildlife Refuge, New Mexico.

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