> Accueil

MONGOLIE - L'espoir d'un barbecue

Depuis près d’un mois, nous parcourions à skis les glaciers de l’Altaï Mongol. Après un très beau programme, nous voila sur le chemin du retour.

Plus de trace, et depuis bien longtemps, de nos saucissons et autres jambons qui donnaient un petit air « Alpin » à notre pitance quotidienne.

Bien que suffisants et nourrissants, les repas servis par nos deux cuisinières sont bien différents de ceux que nous apprécions le plus. Aussi, nous parlons souvent de nourriture. Ce qui nous ferait vraiment plaisir, ce serait une belle grillade. Ici, toute viande est hachée et bouillie pêle-mêle, fourrant les inévitables, incontournables et insipides momo (sorte de ravioli fourré de viande crue : quand c’est bouilli c’est cuit !).

En installant un camp au bord du "lac au cheval mort", nous rêvons une énième fois d’une épaisse tranche de viande juteuse et dorée à souhait. Chacun entend déjà le doux grésillement de la viande sur les braises, imagine un assaisonnement savamment composé des herbes les plus fines, de poivres exotiques, de sel de Guérande, de moutardes à l’ancienne… chacun hume ce fumet prometteur qui nous met l’eau à la bouche.

Ce soir, c’est l’anniversaire de Mario. En guise de cadeau, nous lui achetons un mouton auprès d’un éleveur local. Nous sommes quinze à table, le mouton est gros et ses précieux gigots nous intéressent au plus haut point. Ce sera un cadeau à consommer de suite.

En nous voyant rentrer au camp avec l’animal, nos cuisinières nous proposent de préparer le repas traditionnel des nomades Mongol. La bête est tuée selon la coutume de la steppe : couchée sur le dos, incision sous le sternum, puis la main du " bourreau"  plonge jusqu’au coude dans le poitrail de l’animal vivant, remonte jusqu’au cœur où elle "débranche" une artère. La mort est assurée en quelques secondes, et pas une goutte de sang n’est perdue. Avec le sang, les boyaux et l’oesophage serviront à faire une espèce de boudin bouilli, respectivement « Souss » et « Arknot ». Sans épices, sans oignons et sans sel, il seront consommés dans l’heure…

Je me réjouis en suspendant bien haut la carcasse pour qu’elle se détende, salivant à l’idée de trancher les gigots. Notre nuit est placée sous le signe de festins barbares, demain sera jour de fête.

Catastrophe ! Au petit jour, plus de trace de notre mouton. Durant la nuit, les petites mains habiles de nos cuisinières ont respecté la tradition nomade en hachant soigneusement notre bête jusqu’au dernier tendon… Adieu gigot roti et barbecue !

Nous levons le camp sans regrets … et sans retard !