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LAOS - Trek au cœur de jungle

Au cœur de la jungle à la rencontre des villages Khamus et Lanten

Depuis notre trek en autonomie au Ladakh, nous n’avions pas encore remis les chaussures pour partir plusieurs jours sillonner les pentes et les cols. Les fourmis dans les jambes se faisaient sentir et notre position dans la région montagneuse de Luang Nam Tha, au Nord du Laos, à quelques encablures de la Chine, sonna le top départ de notre deuxième trek.

Les montagnes laotiennes n’ont bien sûr rien de commun avec les montagnes himalayennes. Elles culminent timidement à 2800 mètres, sont recouvertes d’une jungle luxuriante et il n’existe aucune carte IGN, ni aucun tracé pouvant nous éclairer sur la route à suivre. Prudents, nous faisons appel à une agence locale pour un trek de 3 jours avec deux nuits dans des villages où résident des tribus « Khamu » et « Lanten ». Nous allons pouvoir tester nos pantalons BOWDEN et BONEY. Doté d’un tissu anti-uv et d’un système de zip au-dessus du genou, ces pantalons se transforment en short facilement. La taille coupée haute offre beaucoup de confort pendant la marche et le textile léger en polyamide permet un séchage ultra rapide. L’équipement idéal pour cette rando ! Nous marcherons en suivant les cours d’eau, passant à de nombreuses reprises dans les rivières. Nos pantalons détachables seront alors très utiles car l’eau monte facilement aux genoux. Il nous suffira de quelques secondes grâce aux fermetures éclair pour ôter les jambes et nous voilà en short. Une fois les passages de gués derrières nous, nous remettrons en place les pantalons, les jambes au sec !

La première journée de trek s’effectue dans une jungle entièrement peuplée de bambous entrelacés presque amoureusement par des lianes aux ondulations parfaites. Il faut tantôt lever les pieds ou baisser la tête, voire se courber complètement pour se frayer un chemin. Evoluer dans un tel environnement provoque une sensation d’excitation euphorisante à l’écoute des bruits de la nature, des cris des oiseaux, des singes et des écureuils ; doublée d’un sentiment d’étouffement parfois, tant on se sent petits et fragiles face à l’immensité des arbres et à l’abondance de végétation.

Le deuxième jour, l’environnement change peu à peu. Des arbres gigantesques se dessinent devant nous, des troncs larges de plusieurs mètres, des racines épaisses sortent du sol à hauteur de nos têtes. Nous ne pouvons apercevoir la cime des arbres qui oscille sous le vent à plus de 25 m au dessus de nous. Nous sommes dans une forêt primaire.

À l’aube du troisième jour, le guide nous averti que nous allons marcher dans une partie de la jungle infestée de sangsues. N’aimant pas trop l’idée d’une bestiole jouant les vampires avec nos mollets, nous fermons bien serré le bas des pantalons. Grand bien nous en aura pris, quand, une heure de marche plus tard, les autres personnes du groupe découvrent avec horreur ces petites bêtes accrochées fermement à leurs chevilles. Le guide en profite pour confectionner avec une plante locale et du gros sel une potion « anti-sangsues » dont il asperge les chaussures de tout le monde. A mesure que nous nous rapprochons de Luang Nam Tha, les paysages prennent à nouveau une forme différente. La végétation se fait moins dense et nous traversons des rizières où les locaux ramassent et battent le riz. Nous croisons quelques chasseurs, arme à l’épaule, partis voir si les pièges posés dans la forêt ont fonctionné. Le retour à la civilisation approche.

Ce trek nous a permis également de loger dans des villages où vivent des ethnies particulières. La première nuit, à Sopsine où résident des populations « Khamus », nous avons partagé le repas et le rituel traditionnel du Lao-lao (whisky local à base d’alcool de riz) avec des habitants. Les regards croisés sont au début timides, barrière de la langue oblige. Mais lorsque nous tentons timidement de goûter le lao-lao à la paille et à même la jarre, leurs rires détendent petit à petit l’atmosphère. Une heure après, l’alcool déliant les langues et les esprits, on ose presque se lancer dans une conversation !

Au petit matin, une visite de l’école nous permet d’entrer au contact des enfants. Pas besoin de mots, ni de phrases avec ces petits êtres hauts comme trois pommes, qui, en un seul sourire et trois gestes de la main parviennent à se faire comprendre. La tour de Babel ne serait-elle propre qu’au monde des adultes ? La caméra accrochée sur le trépied télescopique occupe un grand moment la vedette auprès des élèves qui s’essayent un par un au dépliage du système.

La magie du numérique rend les séances photos à la fois interminables et touchantes, quand ils découvrent, hilares, leurs frimousses sur l’écran. L’école a des allures de salle de classe des années 50. Pas de cour de récréation, mais un carré de pelouse où les poules s’aventurent, pas de jeux, mais des arbres où ils grimpent tous à plusieurs mètre du sol, sans aucune protection.

Malgré la pauvreté, le manque de matériel et d’équipement, on retient surtout que ces gamins ont le sourire jusqu’aux oreilles.

 

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