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INDE - Trek au cœur du Ladakh

 

De Lamayuru à Hémis, 12 jours de trek dans la vallée du Ladakh Zanskar

Lamayuru, petit village perché sur des cheminées de fées formées par la roche et le vent,  donne le départ de notre trek.

Nous marchons fièrement, sacs au dos, carte dans les mains, les yeux et la tête avides de paysages et de rencontres. Notre entrain est rapidement ralenti par la chaleur et le poids des sacs. Nous avons fait le choix de partir en totale autonomie, sans guide, ni mule, ni cuisinier. Les deux premiers jours sont un contraste d’émotions : la joie d’atteindre les objectifs fixés, l’émerveillement de marcher le long de canyons asséchés aux reflets oranges, le bonheur de découvrir l’immensité des  sommets ladakhis, mais aussi la triste prise de conscience de notre chargement et de notre manque d’habitude à marcher à cette altitude.

Mais rapidement le sac fait partie de nous, le dos adopte sa maison et notre corps apprivoise la chaleur.

Doucement, quelques tentes nomades se dessinent au loin. Nous arrivons à Hinju – minuscule village que la route n’atteint pas encore. En fin de journée, on raccompagne 5 petites filles qui sortent de l’école ; échange de rires et même de quelques mots. Quelques phrases hasardeuses plus tard, on se retrouve invités dans une cuisine ladakhi, où trônent des dizaines de casseroles plus rutilantes les unes que les autres, pour un dîner merveilleux, concocté par l’homme de la maison.

Le lendemain, dans la progression vers le col de Konzke La, nous essuyons un violent orage. Un abri de fortune partagé avec une famille et leur guide nous permet, une fois quelques tasses de Tchai (thé au lait) avalées, de repartir séchés et revigorés.  L’ascension vers le col est un sentier de terre qui sillonne au milieu des troupeaux de yaks nullement dérangés par notre présence. Ces curieux compagnons de route nous offrent d’ailleurs, le soir venu, au milieu de notre bivouac, un spectacle à la fois saisissant et effrayant : en rentrant à la ferme, deux mâles commencent à se battre, fonçant l’un vers l’autre tête la première, cornes en avant, dans un vacarme…un peu trop proche de notre tente à note goût !

Quelques jours de marche plus tard, dans ce décor toujours plus grandiose, une autre « épreuve » nous attend… nous devons traverser la rivière Zanskar pour rejoindre le village de Skyu, mais le pont n’est plus là où il devait être sur la carte. Quelques centaines de mètres plus loin, nous apercevons un câble suspendu, le long duquel court une caisse en bois transportant des vivres, du matériel, et…des gens ! Nous mettons de côté notre hésitation et montons dans la caisse. Traversée réussie !

En approchant de Markha, village qui a pris le nom de la rivière que nous longeons depuis plusieurs jour dans cette vallée, les ponts permettant de traverser d’une rive à l’autre se font de plus en plus rares. Pas le choix, à 3 reprises, il faut tomber les chaussures et s’aventurer pieds nus dans l’eau glaciale, seulement jusqu’à mi-cuisses pour la partie la plus profonde.

Nous évoluons ensuite vers l’ultime col de notre trek. Deux jours auparavant, la pluie a fait son apparition, amenant avec elle la neige sur les sommets. La dernière étape se fait donc sous la neige en direction de Nyimaling,  et se ponctue par un bivouac à -5 degré à 4800 m. L’altitude a raison du réchaud, qui refuse de s’allumer. Nous cherchons alors à faire chauffer nos pâtes dans une tente tenue par un guide. Nous nous retrouvons quelques minutes plus tard à déguster une pizza ladakhi et une galette de pomme de terre délicieuses. Cela nous change de notre gourmet habituel de ces dix derniers jours : « rice, dal, vegetable » (Riz, lentilles et légumes)... Une certaine complicité s’est nouée au fil des jours avec les guides locaux, qui sont épatés de nous voir porter nos sacs et de faire la vaisselle dans l’eau glacée des rivières en leur compagnie une fois le soir venu.

Les papilles ravies et les corps bien réchauffés nous sommes prêts pour l’ascension du dernier col, le « Konmaru La » à 5200m. Les premiers pas se font dans la neige, immaculée par le soleil qui pointe son nez bienveillant. La vue du col nous laisse sans voix et récompense nos efforts quotidiens. La redescente sera salvatrice jusqu’à Hémis, où le monastère nous attend fièrement, perché sur les hauteurs.

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