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INDE - Camel Safari dans le désert du Thar

Le rythme du désert

 
Nous avions marché en montagne, dans la jungle, en ville, sur des éléphants… mais le désert du Thar était une vraie nouveauté et nous avons découvert avec joie son rythme lent qui permet d’apprécier différemment le temps. Du fait de la chaleur, nous devions adapter nos journées et nos activités en fonction de la course du soleil. Après avoir marché en suivant l’allure nonchalante et calme des dromadaires, notre guide s’est mis en quête de trouver un endroit ombragé pour préparer le repas et éviter d’épuiser nos corps pendant les heures les plus chaudes. À bien y regarder, le Thar n’est pas une terre entièrement privée de végétation. Il existe de petites oasis paisibles, où l’absence d’eau est largement compensée par l’ombre des grands arbres, qui offrent un point de repos idéal pour l’homme et un spot de nourriture pour les dromadaires, capables de grignoter les feuilles en hauteur. Souvent, non loin de ces arbres, traînent dans le sable des pierres anguleuses que l’œil averti sait repérer à leur couleur de suie. En moins de deux minutes, Barbhu installe les matelas qui nous servaient de coussins au sol, allume un feu de camp et prépare un bon thé au lait sucré (ou chai), parfait pour faire oublier la chaleur du désert. Nous aidons (ou plutôt regardons) notre guide qui découpe avec dextérité les légumes et les différents condiments tirés des gros sacs de jute qui étaient attachés à la selle de Bablu. En utilisant l’eau avec parcimonie, il arrive à nous concocter de très bons chappati, sorte de galettes de pain local, et un curry végétarien. Nous ne le savons pas encore, mais nous finirons par faire une overdose de chappati puisque notre guide tient absolument à nous gaver de peur que nous mourions de faim pendant ces quelques jours… L’heure de la sieste laisse le temps aux uns de se reposer, aux autres de dessiner ou de lire. Autour de nous, des chèvres broutent tranquillement et viennent se délecter des quelques épluchures de légumes laissés dans un coin à leur escient. On se plaît à vivre aussi simplement, et l’on prend progressivement conscience du temps qui défile et du silence qui nous entoure. Une fois que le soleil se fait plus bas dans le ciel, nous pouvons reprendre la route pour errer au gré des paysages dans le désert jusqu’à notre prochain campement, en écoutant la respiration lourde de nos montures et les cris des corbeaux volant au-dessus de nos têtes.