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INDE - Camel Safari dans le désert du Thar

 
Notre périple au Rajasthan nous a permis de découvrir la beauté des palais des maharajas indiens. Mais il nous paraissait inconcevable de quitter la ville fortifiée de Jaisalmer sans s’aventurer dans les paysages arides qu’offre le désert du Thar. Nous voici donc partis pour 3 jours d’immersion dans un autre monde, à dos de dromadaires, bien loin du tumulte urbain.
 
 
Prendre de la hauteur
 
En sortant ce matin de notre guesthouse pour monter dans la jeep qui nous attend, nous jetons un dernier regard sur la place du marché, vivant au son des cris des maraîchères et des klaxons incessants des rickshaws. Nous avons hâte de quitter pour quelques temps cette frénésie et de goûter au silence du désert. Nous roulons une bonne heure et voyons au fur et à mesure le paysage changer. Les dernières habitations disparaissent, pour laisser place à de vastes plaines de terre grise desséchée recouvertes de buissons rachitiques. Au loin se détachent sur l’horizon les silhouettes d’immenses éoliennes. Notre guide nous expliquera plus tard que celles-ci ont été implantées il y a moins d’un an… Le désert lui aussi se métamorphose, au nom de la modernisation et d’un futur « meilleur » pour les populations locales. Après de nombreux zigzags entre les différentes pistes qui sillonnent la région, nous finissons par nous arrêter à côté d’un groupe de chameliers qui semble attendre là depuis un petit moment. Le chauffeur nous présente Barbhu, un jeune homme de 21 ans, qui sera notre guide durant ces 3 jours. Non contents de quitter la voiture pour une nouvelle monture, nous nous installons dans la foulée sur nos deux dromadaires, Bablu et Paplu. Mais monter un dromadaire n’est pas si aisé qu’il y paraît : la position à califourchon n’est pas très confortable pour les novices que nous sommes et il faut s’habituer à la marche balancée de l’animal. Qu’à cela ne tienne, nous nous mettons en route avec nos victuailles, nos bidons d’eau et nos petits sacs à dos accrochés de part et d’autre. Très vite, nous remarquons l’avantage de marcher dans le désert sur ces drôles de mammifères. On voit le paysage de très haut (bien plus haut qu’un cheval par comparaison) et le regard sur l’environnement se fait différent, plus distant aussi. Sur ce piédestal, on se sent comme dans une tour de garde imprenable, prêt à pouvoir observer les moindres mouvements de la nature et à anticiper chaque événement. Les yeux s’habituent à regarder plus loin pour repérer un plan d’eau, un oiseau, ou une antilope cachée derrière un arbre. On comprend que ces animaux aient pu jouer un rôle essentiel dans le déplacement de tribus nomades et dans la conquête de territoires reculés.